"Huit collégiens ont été exclus ces derniers jours pour avoir critiqué des professeurs sur leurs blogs (pages Web personnelles sur Internet), mesures jugées "disproportionnées" par les parents d'élèves et un syndicat lycéen, et peu représentatives pour l'éducation nationale.
A chaque fois, les collégiens, venant notamment du Val-d'Oise, du Puy-de-Dôme et de la Somme, et considérés comme de "bons élèves", s'étaient moqués de leurs professeurs par le biais de dessins, de photos ou d'insultes parfois colorées. "Ce genre de choses doit être sanctionné mais pas comme ça, par le dialogue, il faut faire comprendre aux élèves que la vie en société ne marche pas comme ça", a estimé une représentante du syndicat lycéen FIDL. Selon elle, l'exclusion définitive est "disproportionnée".
"La portée d'un blog est très limitée, potentiellement, ça peut être lu par tout le monde mais, en réalité, c'est lu par dix personnes", a estimé la FIDL.
Le ministère de l'éducation nationale a "une action systématique de formation et de sensibilisation en amont" aux droits et devoirs des internautes, une charte figurant même depuis la rentrée dans le règlement intérieur des établissements scolaires, a précisé M. Sillard.
Un des collégiens exclus, scolarisé au collège Teilhard-de-Chardin de Chamalières (Puy-de-Dôme), avait rédigé sur son blog - détruit depuis - des propos insultants concernant plusieurs professeurs, qualifiés de "petits péteux", de "brochettes de boulets" ou d'"imbécile heureuse", selon le principal.
Trois élèves du collège Henri-Matisse de Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) ont été exclus parce que des photos de professeurs du collège "prises à leur insu" et accompagnées de "commentaires calomnieux" et d'"insultes" étaient diffusées sur leur blog. A Amiens (Somme), deux élèves de 3e du collège privé Saint-Martin avaient dessiné des caricatures, écrit des insultes et porté des "diffamations assez graves" à l'encontre de plusieurs professeurs, selon le directeur. Un des chefs d'établissement a justifié sa décision par la difficulté que l'élève aurait désormais à se retrouver en présence des professeurs insultés, un autre a relevé que de tels comportements étaient "la porte ouverte à tout".




